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27 décembre 2011

Gazouillis de décembre

En bruit de fond, quelques gazouilles de décembre 2011


Les chemins de traverses sont des chemins de contre-jour qu'on franchit les yeux fermés. Faudrait baisser l'abat-jour. Pour y voir clair.

Un érable nu. Un écureuil. Noir. Une branche fine. Une samare sèche au bout. Marche périlleuse sur corde raide. Puis sur perche souple. Ohh!

Frimas. Nul vent ni joie. Que des cristaux, fragments de ciel accrochés à l'herbe rase. Des feuilles sèches d'autre été, cassure du temps

Neige. Une corneille sur une branche haute.

Café noir et neige blanche. Les enfants meurent dans l'herbe tendre. Les enfants morts ne pleurent plus. Amer amor. Amer à boire.

M'ont vu naître et me verront mourir. Des ocres, des verts, des jaunes: des champs. Des noirs, des bleus, des gris: des routes. Terne éclat.

Fragments de pluie. Opuscule. C'est dimanche.

Des vieux sur des berçantes dorment dans la salle commune. D'autres reposent dans la fosse commune.

Dansez, dansez, petits. Dansez Place Tahrir. L'armée veille. L'armée veille sur vous. Dansez jusqu'à l'aube, mes petits. On veille sur vous.

Vous êtes, mes morts, ma liberté. Mes vivants, mes inventeurs. Ne suis libre que par qui ne me lit pas. Et vous, lecteurs, je vous crains.

La vie perd son grain, qui la fait belle et chaude, quand on la numérise et la lisse et la lèche. L'argentique était l'aube du grain.

Nous n’avions pas à la maison d’horloge grand-père. C’est le tricot de grand-mère, le bruit des broches s’entrechoquant qui marquait le temps.

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