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12 avril 2011

Fête démente



C'était en juin il faisait nuit
À peine un croissant et peu d'étoiles

M'avait repoussé la belle immondice
Aux abîmes jeté sans mot férir
Ni pleur ni cri ni plainte chétive

Des chevaux innocents en vol planaient
Murmure de châteaux indolents
Terne et sombre Esperanza

Ciselée dans le marbre froid
Parcourue de muettes césures
S'éloignait la folle étrangère

Nageant toutes pales battantes
Sans pressentir aube qui vive
Je suffoquais dans la tourmente

Me couvris sur le champ d'un feutre mou
Comme le faisait aux bustes creux
Grand-mère sur l'armoire à chapeaux

Valsèrent des geôliers séniles
Sur des planches de larmes sèches
Ce serait demain dimanche

Y aura fête démente
Au matin demain

Démence matin

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